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ZONE DE LIBRE EXPRESSION

( 2018, 24min52 )
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Caméra et montage: Mario Jean
Images filmées entre le 7 et le 9 juin 2018 à Québec et à La Malbaie, lors du passage du G7.
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Deux enclos.
 

Le premier, vide ou presque, se prétend un espace ouvert dans une Malbaie « closed for business ». On peut s’y exprimer en vain ou pisser dans une toilette chimique. Pour sauver les apparences, la démocratie néolibérale innove : on rediffuse à l’intérieur, là où les vraies affaires se décident, sur un écran que personne ne regarde.
 

Le second enclos est dans une ville tout aussi « closed for business », jusqu’aux garderies. Des panneaux de bois protègent des vitrines dont tout le monde se fout. Une marée de policiers protège les panneaux de bois, les clôtures, les parcs, peut-être même l’air. Hélicoptères, drones, chiens, tireurs d’élite, fusils d’assaut, tout y est et plus encore. Des dizaines de caméras appelées en renfort aux centaines de caméras déjà en place observent silencieusement le tout, on est en droit de se demander si une fleur pourrait encore faner inaperçue.
 

Tout ce foutoir est bien inutile, d’un certain point de vue, et ce point de vue est vrai, alors que d’un autre point de vue, au moins aussi vrai, tout ceci terrorise, tout ceci dissuade avec une efficacité remarquable.
 

Au milieu de ces enclos obscènes financés à même notre labeur, quelques personnes encore éprises de liberté secouent les barreaux de leur cage sous le regard éberlué des badauds, dans l’indifférence quasi-générale. C’était peut-être inutile ça aussi, comme peut-être la liberté elle-même, du même point de vue. Moi, je les admire, ces personnes qui ont marché dans la rue malgré tout. Par leur présence même, elles démontrent que tout n’a pas encore été aplati, qu’il est encore possible de risquer. Car pour s’extirper du monde où le G7 et sa police nous encloisonne, il nous faudra risquer bien davantage.

(texte de Julien Villeneuve)